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03 / 02 / 2009
Lettre ouverte à Monsieur SarkozyMonsieur le président,
Je viens de prendre connaissance de votre dernière intervention mal contrôlée au sujet de notre Québec, de ses réflexions et de ses choix.
Tour d’abord, sur le fond, je vois dans votre prise de position une marque d’indépendance (ironie) vis-à-vis de votre grand père politique, le général De Gaulle qui, lui, prônait, presque aussi maladroitement une indépendance du Québec, ce qui fut, à la lueur de l’histoire une phrase interprétée trop hâtivement par les Québécois eux même, puisqu’il s’agissait plus de promouvoir l‘indépendance de la France vis-à-vis des américains au travers d’une ingérence verbale et facile en territoire nord américain, que de porter assistance à un peuple lui aussi en défense face à l’hégémonie américaine et un gouvernement fédéral lourd et phagocytant. Votre position vous oppose à celle de votre maitre, et vous sépare de manière évidente du peuple québécois, nation que même ceux que vous souhaitez soutenir au gouvernement fédéral canadien ont reconnue.
Sur la forme je vois une grande différence, car même si nous soupçonnons aujourd'hui le grand général de ne pas avoir vraiment cru en ce qu’il disait ce jour là, celui-ci savait rassembler et emporter l’adhésion d’une foule voir d’un peuple, et ce pendant de longues années. Vous vous adressez aux québécois comme à d’anciens colonisés d’Afrique noire ou du Maghreb qui attendraient de l’aide ou un avis sur leurs choix et décisions.
Aujourd’hui, le Québec n’attend pas le soutien de la France. Pour mémoire, les Canadiens et les Québécois ont apportés leur aide et leur sang à la France dans des proportions bien supérieures à toutes les aides que la France aurait pu lui fournir depuis un certain abandon historique au sujet de quelques arpents de neige…
Alors, même si c’est de bonne foi et au nom des ancêtres de votre vieille terre de France, que pris de remords à la place de ses enfants, et vous sentant responsable, vous vouliez donner des conseils, s’il vous plaît nous vous demandons d’adopter simplement le comportement de vos compatriotes, résidents de notre belle province, qui savent s’abstenir de porter un jugement sur des sujets comme la souveraineté, alors que eux mêmes seraient directement concernés le cas échéant.
Les Français aiment les Québécois et le Québec. Votre sortie théâtrale ne restera pas dans les annales comme celle de votre ancien modèle, et nous en sommes certains ne recevra pas le soutien de vos concitoyens.
Veuillez confirmer chez vous, que les Québécois aiment la France et les Français. Nous vous rappelons que les descendants de Cartier ou Champlain, ont prouvé il y a encore peu, cette amitié et leur soutien en temps de guerre ou bien de catastrophe comme à l’occasion des deux guerres mondiales et de la tempête de 1999, en envoyant des soldats ou des bucherons. Cette aide ne s’est accompagnée d’aucun jugement ni d’aucune ingérence ouest-est, et aujourd’hui nous n'attendons rien non plus en retour.
Je ne sais pas si le chiffre sept porte bonheur mais pour une fois il aurait pu vous aider avant de parler. Pour ma part je ne vous donnerai jamais de conseils sur une séparation de l’Europe, ni ne vous féliciterai pour vos positions ou votre comportement vis-à-vis des Corses, des Basques, ou encore des Antillais.
Nous vous invitons à découvrir le Québec et ceux qui le vivent, à nous comprendre, et à nous aimer comme nous aimons votre terre qui est celle de la plupart de nos ancêtres, et de ceux que vous gouvernez.
Cordialement
Philippe Goupil Rédacteur en chef
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Ils ont donné leur sang pour la France sans même dire un mot...(photos de France)
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04 / 09 / 2007
Société : Afghanistan et Accommodements raisonnablesTémoignageFrançais d’origine, je tiens à témoigner auprès de mes amis Québécois, au moment ou des questions non banales se posent de manière de plus en plus évidente.
Deux questions se rejoignent dans un paradoxe certain.
-La première est de savoir si nous sommes pour ou contre l’intervention militaire en Afghanistan terrain ou depuis quelques mois le Canada agit avec ses couleurs de guerre et non plus en bleu.
-La deuxième est de savoir si nous devons accommoder le Québec et son peuple tissé ‘’pure laine’’ au fil de quelques siècles, auquel, jusqu’à présent, une immigration fluide et discrète a su apporter un complément de richesse en terme de travailleurs et de population couramment intégrée.
A la première question je souhaite tout d’abord rappeler notamment au travers de mes souvenirs et de ceux de mon propre père, que les Canadiens dont pas mal de québécois ont versé leur sang et donné leur vie au cours de la bataille de Normandie en 1944. Parmi près d’un millier de morts, il en est un que l’histoire, effectivement souvent discrète ici, n’oubliera néanmoins jamais. Gérard Doré de Val-Jalbert est le plus jeune soldat mort au cours de la bataille de Normandie en 1944, à l’âge de 16 ans.
Mon père, qui avait alors 14 ans, est rempli d’émotion chaque fois qu’il évoque cette liberté retrouvée, notamment grâce aux Canadiens (à l’époque les français ne faisaient pas de différences entre canadiens et québécois seulement appelés canadiens français). J’ai moi-même passé mon enfance dans la campagne normande et à Caen ou on ne peut, encore de nos jours, circuler sans croiser un drapeau canadien au dessus d’un monument commémoratif à l’entrée d’un des nombreux cimetières ou devant un musée rendant hommage a tous ces hommes et femmes courageux venus d’ici pour une cause qui paraissait alors plus évidente que celle d’aujourd’hui. . Alors, si les français ont l habitude de réserver un accueil plutôt cordial aux québécois parce que nos ancêtres respectifs étaient cousins, sachez qu’en Normandie, le souvenir de ces sacrifices et de ce courage est très présent et accentue cette sympathie naturelle.
Le paradoxe de notre époque est de vouloir l’égalité la justice et la démocratie partout sur la planète, tout en s’empêchant d’intervenir par la force lorsqu’aucune autre possibilité n’aboutit. Ne soyons peut être pas naïfs ou aveugles, et ne confondons pas la position d’être contre une décision politique de nos gouvernants avec celle de critiquer des hommes et des femmes courageux qui risquent et donnent leur vies au nom de leur pays et finalement de l’humanité et sa plus grande humanisation justement.
J’en viens donc à la deuxième question puisque le Canada et le Québec en particulier sont des acteurs internationaux de l’humanisation de la planète, entre autre par une ouverture à l’immigration; Immigration qui nous permet de recevoir des cerveaux et des diplômés pour faire prospérer l’économie, mais aussi immigration d’accueil de populations défavorisées et opprimées. Cette attitude adresse à ces peuples le message suivant: Nous ne pouvons intervenir et changer votre gouvernement alors nous vous offrons l’hospitalité, à vous les ‘’survenants’’ déracinés, venant parfois du bout du monde.
Des accommodements pour ces gens?
Le faite de poser la question en ce moment dans toutes les rédactions, apporte une réponse implicite :
Les Québécois et la majorité des personnes vivant au Québec commencent à les trouver quelque peu déraisonnables…
Bien entendu aider nos nouveaux colocataires de cette terre du Québec, à rebâtir des espaces d’expression ou de pratiques religieuses, à faire perdurer des traditions et des cultures issues de leurs ancêtres comme nous le faisons pour les Québécois originaires des premières nations, correspond au Credo de cette terre d’accueil et de tolérance. Mais renoncer aux propres coutumes des québécois, comme par exemple le sapin de Noel dans les lieux publiques, ou plus grave, le droit des femmes d’être policière dans tous les quartiers, ou pire, accepter, sous prétexte de coutumes ancestrales, des pratiques dangereuses pour le corps et l’esprit, contraires à la santé (pour laquelle la volonté politique affichée est justement l’égalité pour tous), N’est pas acceptable. Nous ne pouvons en effet pas renoncer aux coutumes et lois de la province qui sont des éléments constitutifs de l’identité québécoise Nombreux sont ceux qui, comme moi, ont adopté le Québec justement pour ces points importants plaçant le Québec comme un endroit ou il fait bon vivre. Je dois même avouer que j’ai appris à être encore plus tolérant en vivant au Québec. Il faut noter qu’une grosse proportion de ceux qui viennent se réfugier ici, le font justement pour fuir des contraintes trop lourdes faisant obstacle à leur développement personnel, du fait de positions contraires notamment au respect et aux droits de la personne. Je ne suis pas certain que ces gens souhaitent retrouver ici certaines causes de leur fuite… Enfin il faut penser que les accommodements des uns risquent de se placer en contradiction avec les accommodements souhaités par les autres. Qui devront nous accommoder le plus? On dit les Québécois discrets dans leurs prises de position publique alors que les français sont couramment cités comme ‘’râleurs’’. Je me défini comme un ‘’fran-bécois’’, plus vraiment un français et jamais hélas un Québécois pure laine, avec une bi-culture et donc justement la capacité de dire ce que je pense sans nécessairement avoir besoin de râler en permanence. Alors, calmement je veux rendre hommage à ceux qui ont libéré en 1944, le pays ou j’allais naitre quinze ans plus tard, alors que je regrette que cette guerre soit retenue comme moyen pour agir en Afghanistan. Mais je souhaite que la nation québécoise et le peuple canadien pense à ceux d’entre eux qui sont en ce moment là-bas ainsi qu’à leurs familles ici, en attendant un débat et une analyse des choix politiques et des conséquences de ces décisions en regard de cette volonté reconnue de tout un peuple (québécois) à rétablir et maintenir la paix, habituellement habillé de bleu, dans bien des parties du monde. Je souhaite aussi que la paix et la tranquillité de la vie au Québec perdure en évitant de vendre ou de faire des concessions qui pourraient faire croire que pendant que l’on s’occupe du reste du monde on oublie sa propre population.
Philippe Goupil Franbecois, Montréal
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